Comment obtient-on une photographie ?

Histoire de la photographie

Au fil des années les inventions s'accumulent et les machines se développent.
Parmi les machines ayant contribué à l'invention de la photographie, se trouve la "camera obscura", connue aussi comme "chambre noire" qui est une technique créée à l'antiquité. Au cours du XIVème siècle, la chambre noire permet principalement de faciliter le travail des artistes. Son amélioration a duré jusqu'au XVIIème siècle. C'est une boite opaque comportant une face dotée d'une petite ouverture et d'une paroi translucide sur la face opposée.
Lorsque les rayons lumineux pénétrent dans la "chambre noire" par la petite ouverture, on obtient des images renversées ; c'est à dire que  leur forme est indépendante de la forme de l'ouverture. 

 Des artistes apportent des modifications à l'appareil :
- En 1550, l'inventeur Jérôme Cardan utilise un disque de verre pour remplacer le sténopé, dispositif optique permettant d'obtenir un dérivé de la "camera obscura".
- En 1568, l'officier de chancellerie Daniel Barbaro a décidé de réduire la taille du trou pour augmenter la netteté de l'image en proposant un diaphragme, système optique qui conditionne la quantité transmise.

camera-obscura-box.jpg

Une chambre noire.

C'est au XIXème siècle que les premiers procédés techniques de la photographie ont été inventés par Joseph Nicéphore Niépce, un francais considéré comme l'inventeur de la photographie argentique. Nicéphore entreprend seul de nouvelles recherches sur une idée qui l'obsède depuis de nombreuses années : fixer sur une substance, les images reçues au fond des chambres obscures.
Dès 1812, il parvint à obtenir des négatifs (avec du chlorure d'argent), mais ces images ne sont pas stables. Il utilise du sel d'argent placé au fond d'une chambre noire, mais le sel d'argent continue de noircir après l'exposition et l'image finit par disparaître. Il appelle ces images périssables des rétines.

retine.jpg

Reconstitution d'une rétine au chlorure d'argent obtenue par Nicéphore.

Au fur et à mesure de ses expériences, Nicéphore comprend qu’il n’est pas nécessaire d’employer un composé dont la transformation photochimique est directement visible à l’oeil nu, et qu’un changement de propriété sous l’action de la lumière, même s’il est invisible, peut induire l’apparition de l’image au cours d’une autre réaction chimique. Il s’intéresse dès lors à toutes les substances qui interagissent avec la lumière. 
Son expérience suivante en 1822 utilise l'asphalte, ou bitume de Judée. Cette substance perd sa solubilité sous l'action du soleil et se dissous en acide. Une plaque de métal enduite de bitume est ainsi exposée plusieurs heures, puis rincée au solvant. La plaque est rongée par l'acide aux endroits où le bitume est dissous. Le résultat est concluant et permet en particulier de créer des supports métalliques pour l'imprimerie. Ce processus se nomme "l'héliographie". Niépce reste néanmoins insatisfait du résultat, les sujets n'apparaissent pas "réels".

nicephore-niepce-oldest-photograph-1825.jpg

Première héliographie obtenue par Niépce en 1825.

En 1828, il utilise une plaque d'argent et de la vapeur d'iode, le résultat est finalement à la hauteur de ses expériences. Tout comme l'héliographie, le temps d'exposition reste toujours très grand : de plusieurs heures à plusieurs jours

En 1826-1827, Joseph Nicéphore Niépce associe ses précédentes découvertes et fige, sur une plaque d’étain, une aile de sa propriété. Cette plaque enduite de goudron naturel peut-être considérée comme étant la première photographie au monde, malgré un temps de pose de plusieurs heures.

la-premiere-photo-au-monde-1826.jpg

La première photographie au monde

En 1829, Niépce s'associe avec Louis Jacques Mandé Daguerre, artiste et décorateur français, dans le but de continuer ses recherches.
C'est seulement en 1832 que Nicéphore et Daguerre mirent au point une méthode, à partir du résidu de la distillation de l’essence de lavande, permettant l'obtention des images en une seule journée de temps de pose. Niépce mourut en 1833 et Daguerre continua seul les travaux.

Le procédé photographique est amélioré par Daguerre qui parvient à réduire le temps de pose à quelques dizaines de minutes. Daguerre inventa, en 1838, le daguerréotype, premier procédé comportant une étape de développement. Une plaque d'argent recouverte d’une fine couche d'iodure d'argent était exposée dans la chambre noire puis soumise à des vapeurs de mercure qui provoquaient l'apparition de l'image latente invisible formée au cours de l'exposition à la lumière. l’eau salée servait de fixateur pour les images.
Il présente son invention, le daguerréotype, au député François Arago en 1839, qui deviendra la date officielle de l'invention de la photographie. 

C'est en cette même année que John Herschell découvrit un moyen de fixer les images en les immergeant dans un bain d’hyposulfite de soude (un élément de la décomposition par l'air du sulfure de soude que contient la soude après sa fabrication) qui est encore aujourd’hui le composé essentiel des fixateurs photographiques

Henry Fox Talbot breveta en 1841 le calotype, premier procédé négatif/positif qui permettait la multiplication d’une même image avec développement, ce qui réduit énormément les temps de pose (une dizaine de secondes). C’est le calotype. Il invente surtout la photographie moderne : le transfert positif-négatif illustré ci-dessous :

calotype.png

La calotypie présente néanmoins de nombreux défauts tels que la non reproductibilité, un lourd matériel de mise en oeuvre, lenteur ainsi que fragilité.

En 1851, l’anglais Scott Archer remplaça l’albumine de la pellicule par le collodion dont la base est le coton poudre. Les images noir et blanc obtenues par ce procédé atteignirent une qualité encore jamais obtenue. Seul inconvénient, la prise de vue devait avoir lieu tant que la plaque était humide et le développement être effectué aussitôt après.

En 1871, un autre britannique, Richard Meaddox, remédia à ce problème en remplaçant le collodion par de la gélatine au bromure d'argent, procédure perfectionnée par Charles Bennet qui montra que les plaques gélatinées acquéraient une grande sensibilité lorsqu’on les maintenait pendant plusieurs jours à 32°C. Non seulement les plaques au gélatino-bromure purent alors être stockées avant emploi, mais leur sensibilité fut telle que l’exposition ne pouvait excéder une fraction de seconde, il s'agit içi de la base de la photographie argentique.

En conclusion, l'invention de la photographie argentique fut très longue et compliquée, et aura été permise grâce au travail acharné de personnes passionnées par leurs recherches. Les méthodes de photographie argentique seront sans cesse améliorées jusqu'à la découverte de la photographie numérique, qui aura supprimé toute la place qu'occupait la chimie dans le processus photographique, et aura rendu la prise de vue accessible à tous, et non plus à un cercle de passionnés très restreint.

Le développement photographique : l'exemple du Sténopé

Dans le cadre de nos travaux, nous avons fait l'acquisition d'un dispositif nommé "Sténopé mini-labo".
Cet appareil nous a permis de capturer plusieurs images argentiques, et de les développer ensuite nous-même
à l'aide de divers produits. 
Veuillez noter que cette partie est un "compte rendu" de notre expérience sur le développement avec le Sténopé et ne comprend en rien les équations chimiques et expliquations théoriques du développement du négatif
et du positif (l'agrandisseur), qui, seront expliquées plus tard, dans la sous-partie sur le trucage d'un négatif
et dans la sous-partie sur le trucage d'un positif respectivement. (Mettre liens)

Ce dispositif, pour capturer des images, utilise le même processus que la chambre noire énoncée
dans la sous-partie "L'histoire de la photographie". Le papier photographique ne doit pas être manipulé
à la lumière, qui s'imprimerait alors sur le papier qui ne serait alors plus vierge et qui deviendrait inutilisable.
Le papier photographique doit alors être manipulé à l'aide d'une lumière dite "inactinique", c'est-à-dire une lumière blanche ayant traversé un filtre rouge spécial, limitant ainsi le spectre d'émission de la lumière
à un spectre composé de longueurs d'ondes dans le rouge, n'ayant aucune incidence sur le papier.
Ces longueurs d'ondes ont la particularité de ne pas marquer le papier photosensible, éclairé à la lumière rouge, le papier peut-être donc manipulé sans crainte.  Un filtre rouge nous a été fourni dans le kit, nous permettant ainsi de créer cette lumière inactinique. Le papier photographique vierge est ainsi placé au fond d'une boîte noire qui est ensuite refermée. On doit ensuite placer la boîte refermée devant le sujet à photographier, il nous suffit ensuite de tirer sur une languette pour ouvrir l'obturateur de la boîte et permettre ainsi aux rayons lumineux émis par le sujet de passer par le petit trou de la boîte, pour ensuite venir "s'imprimer" sur le papier photographique placé au fond du Sténopé.

image3-6.jpg  La boîte noire du sténopé ouverte, avec d'un côté la partie avec le papier, et de l'autre côté l'obturateur et le petit trou.

image6-1.jpgLe principe de la chambre noire, et donc du Sténopé.

Vient désormais la partie de notre expérience sur le développement de l'image à proprement parler. Il s'agit içi de disposer sur une table trois récipients, des petits bacs de préférence : l'un contiendra la moitié de notre sachet de révélateur dilué dans 10 cL d'eau ; un autre contiendra simplement un verre d'eau ; le dernier contiendra quant à lui la moitié de notre sachet de fixateur dilué dans 10 cL d'eau.  

image9.jpg

A gauche, le sachet de fixateur : à droite, celui de révélateur.

image18.jpg

Préparation des bacs du développement.

Après avoir pris la photographie, sous lumière inactinique, nous retirons le papier photosensible de la boîte et nous observons qu'aucune image visible ne s'est formé sur le papier.
Nous commençons par plonger le cliché dans le bac de révélateur dilué durant approximativement une minute et nous observons qu'une image apparait progressivement sur notre papier. 
Nous devons ensuite le plonger dans le deuxième bac rempli d'eau claire quelques instants, et ensuite l'immerger dans le troisème et dernier bac : celui de fixateur, durant deux minutes.

image11.jpg

Les trois différents bacs. 

Il faut désormais rincer abondamment notre cliché afin d'en éliminer toute trace de fixateur, et le laisser sécher. 

Nous avons désormais obtenu notre premier négatif ! Nous pouvons observer que les teintes sont inversées par rapport à la réalité : ce qui est sombre est blanc sur le négatif et vice versa.

photos-philippe-0001.jpg

Le négatif obtenu après développement. 

Nous allons donc maintenant chercher à inverser ces teintes afins d'obtenir le cliché du sujet tel que nous pouvons l'observer en réalité, nous allons ainsi chercher à passer du négatif au positif.

Pour y parvenir avec le Sténopé mini-labo, deux options se présentent à nous.

Premièrement, la technique du contact. Cette technique consiste à superposer le négatif encore mouillé avec un autre papier, sous lumière inactinique, le côté photosensible de notre futur positif contre le dos de notre négatif,   pour ensuite exposer la face du négatif à une lumière intense durant cinq secondes. Il faut ensuite éteindre cette lumière et basculer en lumière inactinique, séparer le positif du négatif, et enfin développer le positif tout comme notre négatif.

Deuxièmement, la technique du scanner. Cette technique consite à scanner le négatif et tout simplement inverser les couleurs à l'aide d'un logiciel de traitement photographique, Paint remplira amplement cette fonction.

negopos-1.png

Le passage du négatif au positif avec Paint.

Notre positif est désormais développé !  Le positif restera néanmoins numérisé avec la technique du scanner, contrairement à la première technique du contact.

photos-philippe-0001pos.jpgLe résultat final. 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site